• L'avez-vous connu.....le colporteur

     

     

    Le colporteur est un vendeur ambulant transportant avec lui ses marchandises par les villes et villages. Cette profession a quasiment disparu dans les pays occidentaux, ou du moins s'est-elle transformée et a évolué, mais reste bien présente dans les pays en voie de développement. Au sens actuel, le colportage est aussi la représentation publicitaire publique, avec des tracts très souvent, de quelque chose par le biais d'un colporteur. Cela peut être une entreprise, un restaurant, un parc d'attractions etc...

     

     

    Le mot « colporteur » vient du latin comportare, en français « transporter », qui est à rapprocher du verbe « coltiner » : porter un lourd fardeau sur le cou, les épaules, la tête étant protégée par un « coltin » qui est une coiffure prolongée d’une pièce de cuir protégeant le col et les épaules. Au XIIIe siècle en Angleterre, on qualifie de peddle ce type de vendeur : le terme viendrait du mot français « pied » (latin : pes, pedis). En revanche, sous le règne d'Henri VIII, le mot « colporteur » est en usage à travers divers édits et règlements. Sous Philippe VI, les lettres patentes du 17 février 1349, précisent que « menus fenestriers, petits comporteurs aval la ville de Paris, ne seront tenus de rien payer de l’imposition qui étoit établie sur les marchandises & denrées qui se vendent à Paris, s’ils ne vendent en un jour dix sous de denrées ; que s’ils les vendent, ils seront tenus de payer ; & que s’ils vendent au-dessous, ils ne seront tenus de rien payer ».

     

     

     

    Le terme s'impose dans la seconde moitié du XVIIIe siècle remplaçant la forme ancienne contreporteur (ou contre-porteur) et les variantes de mercier (petit mercier, marchand mercier) et coexiste avec l’appellation « marchand forain ». Cependant, le terme forain perdure, et les foires de village ou de quartier, les fêtes foraines saisonnières, sont souvent l'occasion pour certains types de marchands ambulants (se déplaçant en camionnette ou autre et non rattachés à un espace de vente sédentaire) de proposer leurs produits et services (parapluie, rémouleur vendeur de couteaux et ciseaux, rempailleur de chaises, etc.).

     

     

     

    Un édit royal de 1723 exige que les colporteurs sachent lire et écrire, qu'ils soient inscrits sur un registre de la généralité du lieu, et qu'ils portent une plaque distinctive ; mais la plupart des colporteurs, aussi analphabètes que peu enclins à payer les taxes liées à leur profession, sont inscrits comme « trafiquants » dans les actes notariés et paroissiaux. Les colporteurs étaient des marchands ambulants qui transportaient souvent leurs marchandises dans des « balles » en bois d’où l'appellation de « porte-balle ». D'autres expressions étaient déjà considérées comme désuètes vers 1750 : fripier, revendeuse, coureur, mercelot, ou brocanteur ; en revanche, certaines expressions modernes parfois familières peuvent être regardées comme synonymes : « le vendeur à la criée », le démarchage « porte-à-porte ».

     

     
     À une époque où la population était très majoritairement rurale, le colporteur proposait un large éventail de produits dans lesquels parfois il se spécialisait : des livres, des bulletins, des journaux, du tissu et du linge, de la toile et des rubans, de la mercerie, des images d'Épinal, des estampes, des fleurs artificielles, des objets en fer blanc, des remèdes, pommades et potions, la bonne aventure, la coutellerie, des colifichets et des jouets, des objets exotiques, etc. Cette activité était très organisée : à la fois par les colporteurs eux-mêmes qui se distribuaient des territoires de vente en fonction des saisons et par les autorités qui, par le biais de la loi, tentaient de l'encadrer.

     

     

    Concernant la France : en 1611, on dénombre 46 colporteurs autorisés à transiter et à vendre dans certaines villes et régions. Leur nombre passe à 3 500 en 1848, date qui constitue l'apogée du métier. À la fin du règne de Louis XIV, « il est défendu au contre-porteur de vendre par la ville des ouvrages & marchandises qui sont réservées aux maîtres des corps de métiers érigés en jurande, sous peine de confiscation & d’amende ».

     

     

     En 1727, les colporteurs de presse doivent obligatoirement savoir lire et écrire. En 1757, un édit les punit de la peine de mort s'ils diffusent de manière clandestine des livres n'ayant reçu aucun privilège ou frappés d'interdits, et, en 1793, la Convention nationale les place sous une stricte surveillance. L'apparition des bibliothèques de gare françaises copiées par Louis Hachette sur les Anglais vers 1840, marque progressivement la fin des colporteurs de livres. Les lois de 1849 et 1852 imposent trois conditions pour la vente d'une publication par colportage : l'examen préalable de l'ouvrage par une commission, l'apposition d'une estampille sur chaque exemplaire proposé à la vente, le port d'un passeport spécial par tous les colporteurs, ce qui correspond à une « patente ». Le colporteur de livres tend à disparaître en France à partir de 1880 du fait de l'augmentation du réseau de chemin de fer. Les colporteurs se sont recrutés, très tôt, parmi les petits paysans ou les journaliers qui recherchaient par cette activité saisonnière, compatible avec le travail de la terre, un complément de ressources durant la morte saison.

     

     

    Au cours du XIXe siècle, plusieurs communautés montagnardes du Haut-Comminges, avaient organisé un véritable réseau de colportage. Étant issus du milieu rural, les colporteurs touchaient avant tout une clientèle de paysans dont ils connaissaient bien les goûts. On distingue plusieurs types de circuits de colportage selon qu'il s'exerçait dans un département, dans un arrondissement, ou dans le cadre plus vaste de l'ensemble du territoire. Ces circuits étaient toujours pré-déterminés, obéissant à un ordre bien défini et revenant à des périodes fixes de l'année suivant un calendrier connu des acheteurs potentiels. Les colporteurs n'avaient donc rien à voir avec des vagabonds se déplaçant au hasard des chemins.

     

     

     

    « Vous les aimez avec ou sans ... La faïence de Charente !!! »

  • Commentaires

    6
    Jeudi 26 Janvier à 18:15

    Coucou

    Pour commencer, j'ai adoré être accueillie par ce petit âne fort sympa smile

    Encore un article très intérressant. A la campagne, on voyait encore dans les années 50 ce qu'on appelait alors des marchands ambulants, ils revenaient toujours à une époque bien précise.

    Je ne vais pas très règulièrement sur les blogs, en tous les cas pas autant que la publication de certains (es)... Mais quand je passe, je fais un tour sur tous les articles non vus, même si je ne m'exprime pas partout

    Prend soin de toi, gros bisous

    5
    cémoi
    Mercredi 25 Janvier à 19:17

    non, je n'ai pas connu les colporteurs mais à Paris il y a encore 50 ans, il y avait le vitrier qui passait, le rémouleur et il y avait aussi des chanteurs qui poussaient leurs chansonnettes dans les cours... et il y avait une marchande de 4 saisons avec sa carriole et ses longues jupes et son tablier bleu... un jour que je la suivais sur le même trottoir car je n'osais pas la dépasser, elle me faisait un peu peur... (même beaucoup !) elle s'est arrêtée un pied sur le trottoir et l'autre dans le caniveau et elle s'est soulagée en se moquant bien des regards éventuels... puis elle m'a vue  et en grimaçant : "ça ça t'la coupe un la môme !" et elle est repartie en riant très fort...  pauvre colporteur qui me permet de me souvenir de cet épisode de mon enfance... nous étions en 58 ou 59...

    mais merci à toi Jackie de le remettre en mémoire.

    4
    Mardi 24 Janvier à 13:46

    Bonjour cali.

    J'espère que tu vas mieux .

    Prend soin de toi .

    La santé c'est de l'or .

    Moi ,ça va ,après une fin d'année pénible .

    Bon mardi .bisous. flore.

    3
    Lundi 23 Janvier à 21:40

    Ils en faisaient de la route, j'ai connu des marchands de wassingues, draps etc de porte à porte, et d'autres de journaux, j'espère que tu vas mieux, bisous.

    2
    Samedi 21 Janvier à 13:20

    Bonjour cali.

    Dans mon village ,quand j'étai avec mes parents ,il en passais beaucoup de ces marchants ambulants ,ils vendais des choses bien belles ,surtout en broderie fait mains.

    Avec le soleil ,je te souhaite un bon weekend .bisous.flore.

     

    1
    Vendredi 20 Janvier à 07:51

    Très intéressant ton article; cela me fait penser à ceux qui passaient et annonçaient tel ou tel évènement; peut-être est-ce la même chose finalement?
    Bisous et bon vendredi

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